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Spread de crédit : définition, calcul, facteurs, stratégies et risques

Table of Contents

  1. Qu’est-ce que le spread de crédit ?
  2. Comment se calcule un spread de crédit ?
  3. Facteurs qui influencent le spread de crédit
  4. Les principaux types de spreads de crédit
  5. Notation, catégories et niveaux de spread
  6. Utiliser le spread de crédit en investissement
  7. Couverture et dérivés: CDS, indices et basis
  8. Mesurer le risque: duration de spread, CS01 et stress
  9. Stratégies de trading de spread
  10. Pièges à éviter et bonnes pratiques

Qu’est-ce que le spread de crédit ?

Le spread de crédit est l’écart de rendement entre une obligation risquée (entreprise, banque, État émergent) et une référence considérée comme quasiment sans risque (souvent l’État du même pays ou le swap). Cet écart, exprimé en points de base, rémunère le porteur pour le risque de défaut, la perte potentielle en cas de faillite, la liquidité et l’incertitude macro-financière. En bref, plus le spread de crédit s’élargit, plus le marché exige de prime de risque pour financer l’émetteur.

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Concrètement, si une obligation d’entreprise à 5 ans offre 4,2% de rendement quand l’OAT ou le swap à 5 ans vaut 2,7%, le spread de crédit est d’environ 150 points de base (4,2% – 2,7%). Ce chiffre condense la perception du marché sur la solvabilité, le cycle économique, la sensibilité sectorielle et même le sentiment des investisseurs. C’est un baromètre central: il influence les coûts de financement, la valorisation des portefeuilles et la stabilité des marchés obligataires.

Comment se calcule un spread de crédit ?

Il existe plusieurs définitions du spread de crédit, adaptées à des besoins différents. Le spread nominal (yield spread) compare directement les rendements au même point de la courbe. Le Z-spread (zero-volatility spread) ajoute un écart constant à chaque point de la courbe zéro-coupon pour égaler le prix de l’obligation, intégrant ainsi la structure par terme. L’OAS (option-adjusted spread) va plus loin: il neutralise les options intégrées (call/put) via une modélisation stochastique des taux. Enfin, le CDS spread est le coût annuel de protection contre le défaut, souvent perçu comme une mesure «pure» du risque de crédit.

  1. Identifier la référence: taux d’État, courbe swaps, ou OIS selon la convention du marché.
  2. Choisir la métrique: nominal, Z-spread pour obligations bullet, OAS si options, CDS pour couverture directe.
  3. Valoriser précisément: utiliser la courbe zéro, des cash-flows actualisés et, si nécessaire, des hypothèses de volatilité.
  4. Comparer cohérent: rester sur la même base (ex. OIS + OAS) pour éviter des biais de base.

Facteurs qui influencent le spread de crédit

Les spreads de crédit évoluent sous l’effet combiné de facteurs macroéconomiques, sectoriels et techniques de marché. Leur dynamique reflète autant la probabilité de défaut anticipée que l’appétit pour le risque et la disponibilité de la liquidité. Comprendre ces moteurs aide à distinguer un élargissement justifié d’un mouvement excessif et potentiellement opportuniste.

Les principaux types de spreads de crédit

Selon la référence et l’objectif, on distingue plusieurs types de spreads de crédit. Les investisseurs comparent souvent le spread corporate au swap (ASW), au gouvernemental du même pays (G-spread) ou au taux OIS, tandis que les desks de couverture privilégient le CDS spread. Chaque mesure a ses avantages et ses limites, notamment en période de tension où les bases se déplacent.

Type de spread Référence Avantage principal Limite clé
G-spread Courbe d’État Intuition macro/simple Contamine par le risque souverain
I-spread/ASW Courbe swap Standard de marché global Inclut le risque de swap/banques
Z-spread Courbe zéro Précision par terme N’intègre pas les options
OAS Courbe zéro + vol Neutralise options intégrées Dépend des hypothèses de vol
CDS spread Contrat CDS Pureté crédit/liquidité élevée Base avec le cash souvent instable

Notation, catégories et niveaux de spread

La notation influence fortement le spread de crédit. Les obligations investment grade (IG) portent des spreads plus faibles et plus stables que le high yield (HY). Cependant, la dispersion intra-catégorie reste importante: un BBB cyclique peut se négocier plus large qu’un A défensif. Les fourchettes ci-dessous sont indicatives et varient selon le cycle, la duration et le secteur.

Catégorie Notation indicative Spread typique (5–7 ans) Volatilité
Prime/Quasi-souverain AAA/AA 30–80 pb Faible
Investment Grade A/BBB 90–200 pb Moyenne
High Yield BB/B 250–600 pb Élevée
Détressé CCC et en dessous > 800 pb Très élevée

Les seuils de crossover (BBB-/BB+) sont cruciaux: les «fallen angels» (dégradés d’IG vers HY) voient souvent leurs spreads s’envoler sous l’effet de ventes forcées et de liquidité réduite, puis se normaliser une fois intégrés aux indices HY.

Utiliser le spread de crédit en investissement

Pour un investisseur obligataire, le spread de crédit est un levier essentiel de performance. Il génère du carry (prime courante) et du roll-down (resserrement naturel si la courbe est inclinée) mais expose à l’élargissement en période de stress. L’allocation optimale combine qualité de crédit, diversification sectorielle et gestion active de la courbe de spread pour stabiliser le couple rendement/risque.

Deux approches dominent. La gestion core IG exploite des spreads modérés avec une duration maîtrisée, souvent via des ETF ou des paniers d’émetteurs solides. La gestion opportuniste HY recherche du rendement élevé, compense par une analyse fondamentale fine (flux de trésorerie, échéancier de dette, clauses) et un dimensionnement prudent des positions. Les stratégies barbell (mixer IG court et HY court/moyen) visent à maximiser le carry tout en amortissant les chocs de duration.

Les outils d’optimisation incluent la sélection bottom-up, l’arbitrage cash/CDS (quand la base est extrême), et l’utilisation d’OAS pour éviter les pièges d’options intégrées (calls anticipés pouvant comprimer le rendement). La surveillance de la liquidité, des émissions primaires et du calendrier de résultats aide à calibrer l’exposition.

Couverture et dérivés: CDS, indices et basis

La couverture du risque de spread de crédit s’appuie sur les CDS single-name, les indices (iTraxx Europe, CDX US) et parfois les tranches synthétiques. Les CDS offrent une réaction rapide aux nouvelles, une liquidité supérieure en stress et une granularité par maturité. Les indices facilitent la macro-couverture et le pilotage beta, avec la possibilité de roll trimestriel.

La «basis» CDS/cash (écart entre le CDS spread et l’OAS ou l’ASW de l’obligation) fluctue selon la demande de couverture, les coûts de financement, le collateral et la livraison en cas de défaut. Une basis fortement négative peut indiquer une opportunité d’arbitrage théorique (acheter l’obligation, couvrir via CDS), mais l’exécution et la gestion du financement restent déterminantes.

Le choix de la référence (État, swap, OIS) modifie l’interprétation du spread de crédit. En période de stress souverain, préférer le swap ou l’OIS comme base évite de confondre risque crédit corporate et risque pays. Inversement, sur des émetteurs quasi-souverains, le G-spread reflète mieux la prime systémique.

Mesurer le risque: duration de spread, CS01 et stress

Le risque principal lié au spread de crédit est le «spread risk»: la sensibilité du prix à un mouvement d’écart. On le mesure via la duration de spread (ou spread duration) et le CS01 (Credit Spread 01), c’est-à-dire la variation de prix pour 1 pb de variation de spread. Plus la maturité est longue et le coupon faible, plus la sensibilité augmente, tout comme pour des émetteurs à spread élevé.

La gestion des risques combine métriques instantanées et scénarios. Un cadre robuste inclut: agrégation des CS01 par émetteur/secteur/notation; corrélations de spread entre poches IG/HY; stress tests historiques (ex. 2008, 2020) et hypothétiques (dégradations multiples, choc de liquidité); suivi de la convexité de spread (non-linéarité des variations de prix). La VaR crédit doit capturer la distribution asymétrique (queues épaisses) et l’impact des gaps de prix en illiquidité.

Pour les portefeuilles avec options intégrées, la mesure OAS duration est plus pertinente. Côté CDS, on surveille le DV01 des legs premium et protection, le jump-to-default (perte instantanée liée au défaut) et le taux de recouvrement (recovery) implicite.

Stratégies de trading de spread

Le trading de spread de crédit s’articule autour de la valorisation relative et des dynamiques de courbe. Les traders recherchent des anomalies entre cash et CDS, au sein d’une même courbe de crédit (5 vs 10 ans), entre secteurs corrélés (banques vs assurances), ou encore entre notations adjacentes (BBB vs BB). L’objectif: capter la normalisation statistique tout en neutralisant les risques de taux et de beta.

La discipline de risque impose des stops basés sur le CS01, des limites d’illiquidité, et des plans de sortie en cas de ré-hypothèses (changement de recovery, surprise réglementaire, choc sur la volatilité de taux qui modifie l’OAS).

Pièges à éviter et bonnes pratiques

Les spreads de crédit peuvent tromper lorsqu’on ignore la qualité des données, la liquidité ou les caractéristiques contractuelles. Un pick-up de spread séduisant peut cacher un call proche, un covenant light ou un risque juridique latent. L’illusion de précision des métriques (Z-spread, OAS) ne compense pas des hypothèses fragiles sur la volatilité, la recovery ou la courbe de taux.

Bonnes pratiques: choisir une base cohérente (OIS, swap ou État) et s’y tenir; comparer des maturités équivalentes; ajuster pour les options intégrées; utiliser des fourchettes de recovery selon le secteur; trianguler cash, CDS et indices; surveiller la liquidité réelle (volumes, bid-ask, profondeur). Enfin, intégrer les facteurs ESG et la gouvernance, qui influencent de plus en plus la trajectoire des spreads, les décisions des agences de notation et l’accès au marché primaire.

En synthèse opérationnelle: un spread de crédit n’est pas qu’un chiffre – c’est une histoire de prime de risque, de cycle, de contrats et de comportements. Ceux qui combinent rigueur quantitative, analyse fondamentale et sens du marché transforment ces écarts en performance durable.